Quelles solutions pour combattre le stress par Frédéric Manthé

Force est de constater, en ces années « zappettes », que tout va vite, trop vite. Elle laissent sur son chemin les essoufflés du jour, se faisant dépasser par les essoufflés de demain. Nous sommes dépassés. Nous sommes victimes de ce que nous créons et nous sommes addictes de ce rythme infernal, sans pouvoir et même vouloir qu’il s’arrête.

Faisons une expérience. Prenez conscience de la cadence de vos pas quand vous marchez d’un point à un autre. Essayer de baisser de 30 % cette cadence. Vous constaterez que vous avez l’impression de perdre du temps, de vous trainer, de ne pas avancer, que vous allez arriver en retard. Mais si vous poussez l’expérience, au bout de quelques minutes, vous sentirez votre rythme cardiaque se calmer et vous ressentirez du bien-être à prendre le temps. Vous commencerez naturellement à regarder autour de vous et à profiter du moment présent. Quelle température, quel temps, quelles odeurs, comment je me sens, qu’est ce que je veux, quels sont mes besoins. Et maintenant, en vous arrêtant 2 minutes, juste le temps de quelques profondes respirations, vous verrez que ce petit laps de temps vous aura permis de prendre un peu de recul par rapport à ce que vous vous apprêtiez à vivre.
Imaginer : cette personne mal élevée qui vous aurait bousculé à l’entrée de ce métro que vous venez forcément de rater, et qui, par son attitude déplacée, aurait mis de la tension dans cette journée débutante. Vous pensez alors qu’ il y en aura forcément une ayant ce même comportement au métro suivant. Certainement, cependant, par votre approche plus décontractée, vous constaterez qu’elle est pressée sans pour autant vous sentir agressé. Car son attitude ne vous rappellera pas votre propre addiction au rythme infernal. Peut-être même que vous en sourirez.

Vouloir gagner du temps c’est souvent en perdre

Un des outils principaux est donc de prendre le temps.
Prendre le temps c’est aussi savoir ne pas faire deux choses (voir plus), à la fois. Vouloir gagner du temps c’est souvent en perdre. Faisons une visualisation. Transposons le temps qui passe, le train de la vie, à un train de voyageurs. En voulant gagner du temps, vous allez vous positionner devant la locomotive. Toujours, à regarder derrière, pour ne pas être rattrapé, voulant parfois allez encore plus vite, pour vous mettre à l’abri du temps qui passe. Jamais à l’écoute de vous-même. Votre corps crie sa fatigue, mais l’esprit est vaillant. Par contre, et vous le constater immédiatement, vous avez l’impression de manquer de temps, qu’il passe trop vite, que 24 heures ce n’est vraiment pas beaucoup. Et les insomnies sont là pour vous rappeler que la nuit, on passe du temps à ne rien faire.
À l’inverse, être toujours en retard, courir après le temps qui passe, c’est ce retrouver derrière le dernier wagon. Et là, plein d’éléments essentiels vous échappent. La culpabilité est votre lot quotidien. Tout devient décalé. Vous partez à l’heure où vous devriez arriver. Vous ne pouvez prendre le temps, car ce n’est plus vous qui gérez votre existence. Vous courrez continuellement en essayant de rattraper le train, tout en vous sentant coupable d’avoir maltraité vos priorités, la rencontre avec vos proches, les moments partagés. Et le soir, au moment de ce que coucher, épuisé vous trainer, faute d’avoir eu le temps de le faire dans la journée. Mais le manque de sommeil est omniprésent et le matin, au moment réveil, le corps vous rappelle à l’ordre et n’obéit pas à l’ordre de se lever. Aujourd’hui encore, vous serez en retard.

Être en conscience dans son présent

Alors la solution ? Être dans le train, au milieu de préférence, bien calé dans le fauteuil du temps qui passe. On ne peut pas lutter. Le temps qui passe est inexorable. Il ne s’arrête jamais. Par contre, il a lui aussi un rythme. Suivre son rythme c’est être en adéquation avec lui. Cela permet de mieux gérer son propre emploi du temps, en ayant conscience de ce que l’on peut faire aujourd’hui et surtout de ce que l’on ne pourra pas faire. Prendre le temps de se lever, prendre le temps de profiter de sa famille avant de partir, prendre le temps d’aller au travail, de déjeuner, de faire des pauses, même très courtes. Et surtout comprendre comment gérer son temps pour être satisfait de ce qui a été accompli. Plutôt que d’essayer de réaliser l’impossible,  préférer se mettre des objectifs plus modestes en prenant plaisir à les dépasser, un peu. Je pensais en faire moins que ce que j’ai fait. J’en suis satisfait. Apprendre à gérer le moment présent et à être Là, dans ce que je suis en train de vivre. Qui n’a pas fait l’expérience de prendre une semaine de vacances qui parait beaucoup plus longue que la semaine qui suit, mais moins que les quelques jours qui précédent. Pourquoi ? Simplement parce que dans ces deux cas, vous êtes dans la conscience du temps qui passe et vous faites attention à ce que vous êtes en train de faire. Vous êtes au milieu du train.

J’accepte mes choix

J’apprends à gérer mon temps, mais aussi à accepter mes choix. Ils sont forcément les meilleurs puisque c’est ceux que j’ai faits au moment de les décider. À, si j’avais su. Cette phrase qui nous revient en permanence à l’esprit. J’avais le choix et forcément, j’ai fait le mauvais. Cette culpabilité qui nous habite, pour un oui, pour un non. Mauvais itinéraire, mauvaise file, mauvaise heure, mauvaise remarque, mauvaise attitude et plus encore. Les raisons ne manquent pas de s’en vouloir, mais c’est aussi une grande source de stress. Et pourtant, si l’on accepte d’être un décideur imparfait, tout devient plus facile parce qu’alors, on ne s’en veut plus. Nous sommes souvent les victimes du stress que nous nous occasionnons. La solution ? Accepter que nous ne soyons pas devin et que lire l’avenir ne fait pas forcément partit de nos capacités. « Si j’avais su », c’est justement prendre conscience de cette non-lecture du futur. Ce qui permet de constater que « je ne pouvais pas savoir ». Comment pourrait-on s’en vouloir de quelque chose que l’on ne pouvait prévoir.

Je gère mon présent sans la culpabilité du passé et l’angoisse du futur

Mais notre propre esprit peut être redoutable, quand il s’agit de nous faire culpabiliser. « Je ne pouvais pas savoir », mais j’aurais pu avoir de la chance. La chance est pour les autres. Je constate que je ne sais pas décoder le futur, mais j’aurais pu être aidé par le destin. Encore une attitude mentale, qui au-delà de ce qu’il est humainement capable de réaliser, nous pousse dans les méandres de la fatalité incontrôlable. Je me culpabilise de ce que je ne peux contrôler. La solution ? Gérer son présent sans la culpabilité du passé et l’angoisse du futur. Être à son écoute, accepter de ne pas être parfait. Prendre conscience qu’il n’y a pas forcément qu’une façon de voir les choses. Effectivement, vous avez peut-être devant deux routes allant au même endroit, pris la mauvaise. Mais qui vous dit que le destin ne vient pas de vous faire un cadeau. Comment savoir s’il n’y avait pas une vie brisée qui vous guettait sur l’autre route . Que le temps perdu n’est pas en définitive un événement sans importance au vu de ce qui vous attendait.

En conclusion

Sans prétention, ce petit développement tient à rassembler un certain nombre d’idées et de comportement qui nous empoisonnent la vie au quotidien. En nous débarrassant, sans violence, d’un certain nombre d’entres elles, notre vie en devient rapidement beaucoup plus confortable, agréable et la bulle anti stress que nous créons à ce moment-là autour ne nous, devient vite un havre de paix, pour nous et pour les autres. Il n’y a jamais qu’une façon de voir les choses. Il y a celle optimiste et l’autre pessimiste. Optons plutôt pour celle qui nous rend heureux. Puissiez-vous être libre sur le chemin qui est le vôtre.

 

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